La marraine

Frédérique Cintrat,
marraine d’Elles réussissent 2017

Créatrice de la plateforme Axielles.com, inaugurée en mars 2016, et auteure de Comment l’ambition vient aux filles ?, Frédérique Cintrat a accepté avec enthousiasme d’être la marraine d’Elles réussissent 2017. Rencontre avec une start-upeuse au parcours atypique, qui s’engage pour la réussite des femmes.

A l’issue d’une brillante carrière comme salariée, vous vous êtes lancée dans la création d’une start-up. Quel a été le déclic ?

En effet, avant de me lancer à près de cinquante ans, j’ai travaillé vingt-huit ans comme salariée, avec d’importantes responsabilités. Pour créer Axielles.com, j’ai quitté le poste confortable de directrice commerciale et membre du codir d’une société d’assistance, filiale d’un grand groupe d’assurance. J’avais participé à la création de cette filiale en 2001 et je me suis occupée de son développement. Grâce à cette aventure « intrapreneuriale » j’ai été élue femme commerciale de l’année dans l’assurance en 2013 par un jury de professionnels, et femme de l’année dans l’assurance par les internautes. J’ai alors décidé de tirer parti de cette mise en lumière inédite pour concrétiser un projet qui me tenait à cœur : créer mon entreprise et, ce faisant, créer de la valeur et des emplois.

Quelle est la vocation d’Axielles.com ?

Grâce à cette start-up, je souhaite faciliter le networking professionnel, des femmes en particulier, et ainsi contribuer à leur développement professionnel en leur offrant notamment davantage de visibilité. Les chiffres sont clairs : les femmes réseautent moins que les hommes dans le cadre professionnel. Moi, le réseautage fait partie intégrante de mon parcours et je peux mesurer tout ce qu’il m’a apporté. J’ai créé un réseau d’anciens collègues, je me suis occupée de l’inter-réseau au sein de la fédération de réseaux internes Financielles, je suis membre de l’association Vox Femina, qui œuvre pour davantage de mixité dans les médias, je suis marraine du réseau informel Energie Femmes… C’est également grâce au fonctionnement en réseau que j’ai progressé et je souhaite à toutes les femmes d’en retirer le même bénéfice.

Comment fonctionne la plateforme ?

Le site est composé d’un espace Women in Business, destiné aux femmes qui s’inscrivent à titre individuel, qu’elles soient salariées, cheffes d’entreprise, étudiantes ou en transition professionnelle, et bientôt d’un espace corporate pour les entreprises ou les structures qui voudront fédérer leurs salariés ou membres (femmes et hommes) autour du partage de bons plans de networking. Une fois inscrites, les membres sont informées d’événements correspondant à leurs centres d’intérêt, publiés par d’autres « networkeuses » ou par des annonceurs. Elles peuvent aussi poster des événements professionnels en fonction de thématiques sectorielles (assurances, immobilier…) ou des rencontres de networking féminin auxquels elles prévoient de se rendre. Elles peuvent décider d’y aller à plusieurs, partager des bons plans… un véritable encouragement à sortir et à élargir son réseau. J’ai par ailleurs sélectionné des experts qui donnent chaque jour des trucs et astuces sur des thématiques liées à la visibilité, à la carrière et au networking.

Vous avez publié en 2014 aux éditions Eyrolles Comment l’ambition vient aux filles ? Pourquoi ce livre ?

Je suis très investie dans les réseaux qui œuvrent pour la mixité et je me bats pour encourager les femmes à se prendre en main. D’où l’envie d’écrire un livre sur la niaque et l’ambition. Un jour, je suis tombée par hasard sur le DVD d’une émission à laquelle j’avais participé à l’âge de dix-sept ans aux côtés d’Elisabeth Badinter et de Françoise Giroux, Aujourd’hui la Vie, intitulée ce jour-là Comment l’ambition vient aux filles ? J’avais eu mon bac à seize ans et j’étais alors en prépa HEC. J’avais été choisie pour représenter la nouvelle génération. Ce visionnage m’a inspirée, d’autant plus que je trouvais que l’on parlait beaucoup du plafond de verre, et un peu moins de l’envie, de l’ambition des femmes. Mon titre était tout trouvé !
Pour moi, l’ambition n’est pas réservée aux numéros un des grandes entreprises. Nous croisons tous les jours des femmes qui vont de l’avant, qui prennent des risques, des décisions audacieuses et les assument.

J’ai eu envie de leur donner la parole.
J’ai choisi des personnes que je connaissais, un casting de femmes âgées de 18 à 55 ans. Mon livre a beaucoup interpellé. Les plus de quarante ans, hommes et femmes, ont plaisir à s’identifier aux témoignages. Les plus jeunes, quant à eux, sont surtout intéressés par mes conseils sur l’énergie et la niaque. Je viens de recevoir un message très sympathique hier sur linkedIn d’une lectrice qui m’a écrit : « merci d’avoir mis des mots, et non des maux, sur mon ambition. C’est galvanisant ». Eh bien, avec un témoignage comme celui-ci je me dis que c’est une bonne raison de l’avoir écrit, de donner envie de passer à l’action !

Vous êtes la marraine d’Elles réussissent 2017.
Qu’est-ce qui vous a motivée ?

C’est un projet qui va de l’avant, ce qui correspond à ma démarche. J’aime beaucoup la façon dont le projet s’est mis en place en 2016 pour sa première édition et dont il se poursuit en 2017 : des entrepreneures qui prennent conscience des besoins d’autres entrepreneurs, femmes en particulier, et qui décident de se mettre en réseau et de mettre leur complémentarité au service d’un grand projet, c’est vraiment chouette ! On est dans l’entraide, le partage et surtout l’action. De plus c’est un salon qui mise sur la proximité, un salon local qui permet aux entrepreneures en herbe de challenger leur idée et à ceux dont le projet est plus abouti de trouver des réponses pour le développer. Et puis, c’est un salon qui facilite la vie des femmes qui ont envie de réaliser leur ambition, d’entreprendre, qui leur montre que c’est possible. Je suis heureuse de m’associer à cette dynamique.

Quelle réussite souhaitez-vous partager avec nous ?

Ma première victoire, c’est qu’il y a plus de 1350 personnes inscrites sur www.axielles.com (après un lancement en beta en mars 2016, en V1 depuis juillet). C’est que le service de cette appli répond à un véritable besoin, avec plus de 210 rendez-vous partagés à des événements. Ma seconde victoire, c’est d’avoir embauché ma première salariée au 1er septembre ! Je continue bien sûr à travailler avec des freelances et des prestataires. La troisième, et je m’arrêterai là, c’est que nous poursuivons l’aventure en lançant les développements de la V2 de la plateforme, que nous consolidons le modèle économique avec deux nouveaux sponsors et la mise en place des espaces « corporate ».